L’interconnexion et le pouls de la planète

L’interconnexion et le pouls de la planète

Un article de David Muesham

Une nouvelle étude rapporte que les rythmes cardiaques humains sont corrélés aux fluctuations du champ géomagnétique solaire

Tout au long de l’histoire, les gens se sont demandé : sommes-nous de quelconque façon reliés à la Terre, au système solaire et aux étoiles ? Notre corps réagit-il physiquement aux solstices, aux éclipses, aux changements du champ magnétique de notre planète ou aux orages sur le Soleil ?

Certaines réponses pourraient se trouver dans une étude récente de Rollin McCraty et de ses collègues, qui ont étudié la manière dont les rythmes cardiaques humains sont corrélés avec les changements dans l’activité du champ géomagnétique causés par des tempêtes solaires (McCraty 2017) : McCraty et ses collègues ont découvert que pendant les tempêtes solaires, les rythmes cardiaques des participants à l’étude ont changé, de façon à suggérer des changements dans l’activité du système nerveux liée à la santé, au bien-être et à notre façon de réagir au stress.

La vie sur Terre prospère au sein du champ magnétique de notre planète, et les scientifiques ont étudié plusieurs des façons dont les plantes et les animaux peuvent percevoir les changements de l’activité des champs géomagnétiques et y réagir. Nous avons maintenant une meilleure compréhension de la façon dont les oiseaux et d’autres animaux arrivent à s’orienter en détectant le champ magnétique terrestre (Gegear 2008,2010 ; Maeda, Wiltschko 2014), et il a été clairement démontré que les champs magnétiques de force géomagnétique peuvent influencer la vie ; un examen récent de plus de 100 études a indiqué que le fait d’affaiblir le champ magnétique terrestre ou de s’en isoler peut produire un large éventail d’effets biologiques dans les cellules, dans les plantes et dans les animaux, y compris des changements dans les taux de division cellulaire, dans la croissance des tumeurs, dans l’expression des hormones, dans l’expression des gènes, dans la régénération des planaires, dans la germination des graines, dans la croissance des plantes, dans la perception de la douleur chez les animaux, dans les ondes cérébrales et dans la différenciation des cellules souches (Binhi 2017).

Les tempêtes solaires influencent directement le champ magnétique de la Terre, et l’activité géomagnétique solaire a été associée à divers effets chez les humains, y compris des changements dans l’équilibre mélatonine-sérotonine, dans la tension artérielle, dans l’activité du système immunitaire et dans les processus cardiaques, neurologiques et de reproduction (McCraty 2017). Les fortes tempêtes solaires sont également associées à des changements dans le flux sanguin, à l’agrégation et à la coagulation, à une augmentation de la tension artérielle, aux arythmies cardiaques et à une évolution plus défavorable des maladies en cours, par exemple à une augmentation des incidences de crises cardiaques et de la mortalité causée par celles-ci, et à l’augmentation du taux de convulsions chez les épileptiques (McCraty 2017). Et en 2003, la banque de réserve fédérale d’Atlanta aux États-Unis, a fourni de “solides preuves empiriques” que les niveaux élevés d’activité géomagnétique dus aux tempêtes solaires ont un “effet négatif statistiquement et économiquement significatif sur les rendements boursiers de la semaine suivante pour tous les indices boursiers américains”, les données suggérant que les investisseurs deviennent plus réticents à prendre des risques en période de forte activité géomagnétique solaire (Krivelyova 2003). Ces études montrent que la physiologie humaine est en effet liée aux changements de l’activité géomagnétique solaire.

À la lumière de ces données, le Dr McCraty et ses collègues se sont demandé comment l’activité du système nerveux pouvait être sujette à des changements dans l’activité géomagnétique solaire. Pour pouvoir répondre à cette question, le Dr McCraty et son groupe ont recueilli des données sur la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), étudiant les changements dans les rythmes cardiaques associés à l’activité du système nerveux et aux réactions au stress. La VFC, réglementée principalement par le tonus vagal cardiaque, est une mesure de l’activité du système nerveux autonome qui peut être utilisée comme indicateur de santé et comme outil de biofeedback (Thayer 2005). Bien que l’interprétation détaillée de la VFC demeure complexe et controversée, les rythmes cardiaques sont influencés par des facteurs physiologiques et neuropsychologiques, par des facteurs liés au mode de vie et à l’environnement, par les maladies et par d’autres facteurs tels que l’âge et la génétique (Fatisson 2016).

Les chercheurs ont recueilli des données sur la fréquence cardiaque 24 heures sur 24 auprès de 9 personnes qui ont vécu leur vie quotidienne normale pendant les 31 jours de l’étude. À l’exception d’une période de 50 minutes par jour à l’heure du bain, les sujets testés ont porté des moniteurs de fréquence cardiaque en permanence, ce qui a permis aux scientifiques de voir comment leur activité cardiaque avait changé tout au long de l’expérience qui a duré un mois. Les chercheurs ont ensuite comparé la VFC des participants à l’activité du champ solaire et du champ géomagnétique pendant la période de l’étude, en utilisant les ressources de données disponibles auprès du complexe de données de physique de l’espace (Space Physics Data Facility) du Centre de vol dans l’espace de Goddard (Goddard Space Flight Center) de la NASA, de l’observatoire de géophysique de Sodankyla d’Oulu en Finlande, et des données sur le champ magnétique venant du réseau mondial de magnétomètres de l’institut HeartMath appelé le Système de surveillance de la cohérence globale (GCMS –Global Coherence Monitoring System). Et le Soleil a apporté une aide inattendue à l’étude : trois tempêtes solaires importantes se sont produites au cours de l’expérience de 31 jours, offrant aux chercheurs une occasion unique d’examiner la corrélation entre ces évènements et les indices de VFC des participants.

McCraty et ses collègues ont identifié plusieurs corrélations statistiquement significatives, signalant que les changements dans plusieurs indices de VFC étaient associés à l’activité géomagnétique solaire en raison des tempêtes qui se sont produites pendant l’étude. L’étude a également rapporté que les VFC étaient synchronisées avec les changements de la puissance de résonance de Schuman : lorsque le vent solaire frappe le champ magnétique de notre planète, la Terre elle-même agit comme une sorte de tambour sphérique à champ magnétique, produisant des ondes stationnaires à des fréquences particulières appelées résonances de Schumann. Ces corrélations entre les résonances de Schumann et les VFC suggèrent-elles que notre système nerveux est en quelque sorte « accordé » à ces fréquences de résonance caractéristiques du champ magnétique terrestre ?

L’étude a également trouvé quelque chose d’autre de surprenant : pendant une période d’activité géomagnétique solaire relativement calme, la VFC moyenne du groupe des participants a été synchronisée, produisant un modèle clair d’oscillations avec une période moyenne d’environ 67 heures. Pendant la période de repos, ces indices de VFC synchronisés oscillaient à la même fréquence que l’activité de résonance de Schumann. Bien que la petite taille de l’échantillon de neuf participants limite la force de cette conclusion préliminaire, McCraty et ses collègues ont mené une deuxième étude auprès de plus de 100 participants dans cinq pays très éloignés. Les auteurs rapportent que « une analyse préliminaire de cette étude a confirmé que la synchronisation de la VFC se produit à l’échelle mondiale et que les rythmes de la PRS (puissance de résonance Schumann) et de la puissance des ULF (ultra-basses fréquences) semblent être les principaux facteurs environnementaux qui sous-tendent la synchronisation de groupe (McCraty 2017). Ce résultat intriguant pourrait avoir des implications remarquables pour notre compréhension du système nerveux, de la société humaine et de la façon dont nous interagissons les uns avec les autres et avec notre planète.

Rollin McCraty et son groupe de chercheurs ont fait un autre pas en avant dans une longue série de recherches, nous offrant un nouveau regard sur la façon dont la vie sur notre planète est liée à la Terre et au Soleil. D’autres recherches dans ce nouveau domaine d’étude fascinant pourraient un jour nous en apprendre davantage sur les nombreuses autres façons dont nous sommes connectés. Sommes-nous tous reliés physiquement par le biais du champ magnétique terrestre ? Répondons-nous les uns aux autres par l’intermédiaire de champs magnétiques (McCraty 2013) ? Faisons-nous tous partie de l’organisme social collectif de notre planète ? Que se passe-t-il lorsque nous méditons sur la Terre en tant que Mère, pour la paix sur Terre, ou lors d’époques troublées ?

À propos de David Muehsam, Directeur de l’innovation technologique de CHI

David Muehsam est un biophysicien spécialisé dans la recherche sur les fondements biophysiques des effets biologiques et des thérapeutiques des CEM (champs électromagnétiques), sur les fondements biophysiques du yoga, de la méditation et des thérapies psychocorporelles et sur les liens entre les arts et les sciences. Le Dr Muehsam est titulaire d’une licence en physique du Hampshire College et d’un doctorat en neurophysiologie de l’Université de Bologne, et il est l’auteur d’ouvrages sur les mécanismes biophysiques des effets biologiques des CEM, sur les thérapies basées sur les CEM, sur la modélisation mathématique des effets biologiques des CEM et sur la médecine complémentaire et alternative. Le Dr Muehsam est biophysicien principal au VID Art Science, l’institut national des systèmes et des structures biologiques en Italie et est également professeur de yoga et de méditation ainsi qu’un musicien accompli, se produisant à la flûte et au saxophone depuis l’enfance.

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