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Pourquoi pas ?
En thérapie du trauma, la parole seule montre vite ses limites. Licia Sky, thérapeute corporelle et cofondatrice de la Trauma Research Foundation, propose un accompagnement somatique : réapprendre à sentir, à ajuster et à choisir, afin que le corps retrouve des appuis de sécurité.
Son approche, apporte une dimension incarnée : la conscience fine du corps, l’accordage qui ne passe pas par les mots, la capacité d’écouter avec tout son être. Elle complète ainsi le travail de Bessel van der Kolk, psychiatre et chercheur mondialement reconnu, qui met en lumière les mécanismes du trauma et les processus de guérison à travers le prisme des neurosciences.
Après un traumatisme, revenir à son corps peut sembler impossible : sensations intenses, hypervigilance, peur d’être submergé, évitement… La relation au corps et aux émotions est souvent altérée. Quand ce qui se vit à l’intérieur n’a pas d’espace d’expression, la tension s’accumule, l’attention se fragmente et on peut alors se couper de ses repères internes.
L’approche de Licia Sky part d’un principe simple : stabiliser la physiologie et retrouver un sentiment de sécurité, afin que compréhension et intégration puissent suivre. On ralentit, on observe la respiration et le tonus, on retrouve des appuis sensoriels, puis on peut poser des mots une fois l’état interne apaisé. Le but n’est pas de tout explorer : il s’agit de ressentir juste assez de sensations pour repérer les micro-changements et regagner en sécurité et en choix.
Chez Licia Sky, chaque proposition est une invitation, jamais une injonction. La personne choisit : essayer, ne pas essayer, arrêter, reprendre. Cette liberté soutient le pouvoir d’agir et réduit le risque de suractivation. Le bon rythme est celui que le corps tolère aujourd’hui, ici et maintenant.
Le cadre relationnel compte tout autant que la technique : présence posée, curiosité bienveillante, pauses fréquentes et validation des micro-changements (un souffle qui s’allonge, une épaule qui se relâche, une chaleur qui apparaît). C’est aussi le contexte de sécurité posé par le thérapeute qui va rendre les pratiques efficaces.

Avant de pratiquer, voici deux repères :
L’objectif n’est pas la quantité, mais simplement de se sentir mieux, dans la mesure du possible. Commençons par la plus douce pour beaucoup de personnes : l’orientation visuelle.
Laissez vos yeux se promener lentement dans la pièce. Notez les formes, les couleurs, les sources de lumière, les points d’appui (murs, sol, plafond). Laissez la tête suivre les yeux, puis le buste suivre la tête. Observez l’effet sur la respiration et la tension des épaules.
Assis ou debout, allongez la colonne sans forcer. Inclinez très légèrement le menton, puis revenez. Oreille vers l’épaule, puis revenez. Le nez vers le plafond, puis revenez. Tout se fait au ralenti, dans une amplitude modeste, avec une attention au confort. Cherchez le minimum efficace : dès qu’un signe d’effort ou d’inconfort apparaît, réduisez, faites une pause, puis observez.
La voix traverse l’os et les tissus ; la vibration peut apaiser et soutenir l’accordage. Testez un léger “mmm”, une voyelle tenue à faible volume ou quelques syllabes douces. L’objectif n’est pas de fredonner parfaitement, mais d’entendre sa voix en sécurité, sans se juger, quelques secondes à la fois.
Ces pratiques ont pour objectif l’apaisement et le retour à la sécurité. Si vous ressentez de l’inconfort, changez de pratique.
En séance, l’approche somatique modifie la temporalité et la posture : on avance lentement, on observe la physiologie (souffle, regard, tonus) et on intercale de courtes pratiques entre deux temps de parole. Trois effets notables sont à retenir :
Bessel van der Kolk et Licia Sky forment à la fois un couple et une équipe de travail ; cette alliance renforce la cohérence entre théorie et mise en pratique. Leurs interventions alternent apports neuroscientifiques et exercices guidés, accessibles à tous les thérapeutes.
Ensemble, ils articulent données cliniques et pratiques somatiques. Ils créent une expérience thérapeutique rare, où science et présence se répondent, où la parole éclaire et le corps guide. Une véritable forme de corégulation : l’un ouvre la voie par la compréhension, l’autre par le ressenti, et leur dialogue devient un pont vers la sécurité intérieure.
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