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Avant que les signaux de peur ne nous envahissent, nos sens se tournent vers l’environnement pour y rechercher des indices de sécurité ou de danger. Dans son programme Stratégies de régulation du système nerveux et pratiques somatiques, Linda Thai montre comment relâcher la tension des globes oculaires et mobiliser la réponse d’orientation pour réduire l’anxiété, les ruminations, les débordements émotionnels et la surcharge cognitivo-émotionnelle liée aux traumas.

La neuroception c’est le “radar” automatique du système nerveux qui évalue en continu si nous sommes en sécurité ou en danger :
Or, la sécurité est d’abord extérieure (ce qui nous entoure) tandis que le sentiment de sécurité est intérieur : c’est ce que nous ressentons lorsque la sécurité intègre notre système nerveux. Chez beaucoup de survivants de trauma, un fossé persiste entre les deux.
Bonne nouvelle : s’orienter (se repérer) avec les yeux, puis avec le corps, peut aider ce sentiment de sécurité à venir s’inscrire dans le corps. L’enjeu clinique est là : si l’on manque la phase d’orientation, on bascule plus vite dans la défense ; si on la soutient, on conserve la capacité d’observer la situation et de choisir une réponse adaptée.
Le sympathique (combat/fuite/figement) et le parasympathique influencent les yeux et les schémas de tension autour des yeux. Quand nous fixons trop intensément, la vision périphérique se rétrécit, la mâchoire se tend, la voix durcit ; le monde paraît proche, bruyant, menaçant. À l’inverse, des yeux “doux” relâchent la fixation, élargissent le champ, assouplissent voix et visage : l’engagement social redevient possible.
Le thérapeute peut offrir ces signaux de sûreté : poser un regard doux, ralentir les micro-mouvements des sourcils et des paupières. Beaucoup de survivants de traumas complexes confondent crainte et enchantement : la nouveauté, même belle, peut être perçue comme trop intense. D’où l’importance d’un regard qui apaise et d’un environnement qui aide à s’orienter.
Objectif : relâcher la tension des globes oculaires pour permettre au système nerveux de retrouver un sentiment de sécurité.
En pratique : regardez l’horizon (ou un point lointain). Laissez les yeux s’adoucir comme si vous élargissiez la vision périphérique. Amenez doucement votre attention vers la zone derrière les yeux, derrière la tête. Notez ce qui change (souffle, tonus, voix).
Terminez en nommant un micro-changement : respiration qui s’allonge, épaules qui se déposent, voix qui se pose, sensation d’espace. Ce repère subjectif indique que l’intégration commence.
Et si réguler son système nerveux était la clé du bien-être ? Avec Linda Thai, apprenez à mieux comprendre votre système nerveux et à le réguler pour retrouver une vie plus équilibrée, notamment après des traumas.

Au palier de l’alerte, le corps peut partir dans deux directions :
Ce glissement de “tripoter-bouger” à “chercher-trouver” est souvent ce qui fait baisser l’anxiété et les ruminations, car le système obtient l’information sensorielle qui lui manquait : “Où suis-je, maintenant, et qu’est-ce qui me soutient ?”
Beaucoup de personnes ne “voient” qu’à 30 ou 50 centimètres : écran, visage proche, détail menaçant. En conséquence, commencer par fixer l’horizon peut sembler trop éloigné. Dans ce cas, on apporte l’objet regardé, puis on élargit par paliers : proche → mi-champ → lointain. On associe le souffle pour soutenir l’inspiration (le nerf phrénique innerve le diaphragme). Une inspiration plus aisée crée souvent l’espace nécessaire à l’orientation.
Avec des profils hypervigilants, on travaille d’abord l’environnement : éclairage doux, bruits prévisibles, posture du thérapeute calme. On s’autorise des micro-pauses d’orientation, plusieurs fois, plutôt qu’un long exercice unique. Et on valide ce qui se passe : “Votre système s’oriente ; s’il vous ramène au champ visuel proche (vos mains, la table, l’écran), c’est pour préserver la sécurité.” La validation réduit la honte et la peur des “mauvais élèves” dysrégulés, pour ouvrir la voie à des essais plus souples.
Si la neuroception évalue en toile de fond les signaux de sécurité et de danger, sa première mise en acte est la réponse d’orientation : le regard se place, le corps se repère. En relâchant la tension des globes oculaires et en favorisant l’exploration pour repérer ce qui peut rassurer, on envoie au système nerveux des indices de sécurité qui recalibrent la neuroception du côté de la sûreté tout en offrant des appuis simples pour rester présent et ancré.
🌱 Découvrez le travail de Linda Thai :
Enseignante et thérapeute, elle est spécialisée dans le traitement des traumas développementaux complexes.
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