Aime ton ennemi – Lissa Rankin

Aime ton ennemi – Lissa Rankin

Article de Lissa Rankin

Tant de choses sur lesquelles j’ai blogué, surtout depuis les élections de 2016 et ses conséquences sur notre climat politique, le mouvement #MeToo, et bien d’autres questions qui divisent, sont axées sur la dissolution de l’histoire de la séparation et un regroupement dans l’amour – non pas dans un faux amour « spirituel », mais dans un véritable amour qui vient quand on est assez courageux pour se demander « Qu’est-ce que c’est d’être « toi » ? » et se soucier vraiment de la réponse, en écoutant généreusement de manière qui à ouvrir son cœur et à évoquer une véritable compassion.

Je suis empathe et donc dans une culture si divisée, je le ressens dans mon propre corps, comme une déchirure. J’apprends à avoir de meilleures limites psychiques pour ne pas avoir à ressentir si profondément la douleur qui n’appartient pas à mon corps personnellement, mais je pense toujours qu’il est important que nous soyons prêts à ressentir la douleur du collectif pour pouvoir y répondre, reconnaître que quelque chose fait mal à l’intérieur, et panser les plaies, afin d’aboutir à la guérison.

En outre, l’une de mes principales missions ici-bas est d’aider aider à dissoudre l’histoire de la séparation et à faciliter notre regroupement dans un amour réel et authentique, vous pouvez donc imaginer quelle a été ma joie et mon immense gratitude lorsque Noelle Newby, l’une de mes clientes à l’issue d’un « mentorat visionnaire » (Visionary Mentoring) en 2018, m’a envoyé ce qu’elle venait d’écrire. Je n’ai jamais publié quelqu’un d’autre sur mon blog auparavant, mais parfois, il arrive que vous soyez tout simplement ébloui dans votre for intérieur.

Alors….sans plus attendre, je suis reconnaissante de pouvoir transmette ce message d’amour de Noelle destiné à son amie de lycée. Noelle, je te donne la parole !

– Aime ton ennemi –

Je t’aimais avant :

Avant Twitter, Trump, « Je suis avec elle », « Construisons le mur », MSNBC, Fox News et #fakenews.

Avant de savoir qu’il y avait des guerres à mener, des camps à choisir et des pertes à encaisser.

Avant que l’une ou l’autre d’entre nous ne puisse prévoir, et encore moins comprendre l’impact qu’un simple votre pourrait avoir sur la connexion, la communauté et la conscience.

Avant que le vitriol ne devienne le moyen privilégié de la communication collective.

Avant les téléphones portables, les selfies et le Bro-Country que, j’imagine que tu détestes presque qu͛autant que moi-même.

Notre amour était autrefois pur, imparfait, déchirant et magnifique, et a survécu bien longtemps après notre coup de foudre. Au fil des décennies, nous sommes passées d͚amantes maudites, à amies, à une sorte de famille. Tu m͛as appris à aimer et à être aimée avec un abandon insouciant, que les chagrins d’amour font mal et que l ͚on s͛en remet, à rire jusqu͛aux larmes, que « chicka-ba, chicka-ba, chicka-ba, no chi no » ne sont pas des paroles de « Devil Went Down to Georgia » de Charlie Daniel et que peu importe les cicatrices, l’amour perdure.

Pendant 25 ans, j’ai gardé chaque lettre, image et affiche qui te ressemblaient ou portaient ton nom ; non pas parce que j’avais envie de toi, mais parce que le souvenir de nous efface le temps qui passe. La partie de moi qui t’aime a à jamais dix-sept ans, innocente, vibrante et vivante, remplie de l͛’espoir et de la promesse d’une vie bien vécue et aimée. Bien sûr, il y a aussi une femme ici maintenant. Elle est plus sage, plus avisée et expérimentée. Son amour est plus féroce que frivole. Elle a soif de contrôle et de réconfort dans sa vie douce et dure, pétrifiée à l͛’idée que tout cela puisse se défaire. Nous sommes une énigme avec cette femme-enfant. Ensemble, nous voyons ce monde en Technicolor, à la fois pour ce qu’il est et ce qu’il est censé être. Pour le meilleur ou pour le pire, notre monde t͛’inclut.

Même si nous sommes maintenant « l’autre » dans ton existence, un monde gris composé de la moitié du pays et de tout ce que tu détestes. Un monde qui n͛est plus unique, qui n͛est plus précieux. Une connexion jadis cosmique, s͛évaporant à la vitesse éclair des réseaux sociaux.

C’est la vérité. Nous avons peu de raisons de nous aimer les uns les autres aujourd’hui – nous qui sommes des parties opposées dans presque tout ce que nous croyons, ce à quoi nous rechignons et ce qui nous tient à cœur. Il y a des millions de « toi » et des millions de « moi » en ce moment même, affolés et enragés par claviers et par les foules, criant pour crier, ne changeant jamais d’avis ou n’impactant jamais un cœur, se battant dans une guerre civile contemporaine. Quelle chance ont-ils si deux âmes jadis ne faisant qu͛une ne peuvent pas laisser place à l’amour dans le chaos complexe du rêve américain ?

J’essaie d’expliquer la fracture au moi qui t͛a serré fort. Je lui dis que tu es en colère, juste, et peut-être un peu effrayée, croyant le pire de chacun nous à chaque tweet et à chaque virage. Mais la fille de 17 ans est têtue n͛a aucune envie de t’abandonner. Chaque fois qu’elle voit ton visage ou entend ton nom, un sourire s’infiltre notre cœur que tu as conquis, avant que le temps ne batte jusqu’à aujourd’hui.

Je pourrais la forcer à se soumettre à ce qui sépare, plutôt qu͛à ce qui lie. Mais cela diminuerait ce qui reste d’elle, et que je ne saurais le supporter. Car c͛est peut-être elle meilleure de moi, se battant pour le meilleur de toi. Et peut-être que le monde bénéficierait d’un peu plus de volonté innocente d’amour.

En ce moment, dans un autre avion, elle te laisse un dernier origami maladroit caché sous un bureau laissé à l͛abandon. Dans l’encre éternelle, elle a gravé ce qu’elle veut le plus que tu saches ; que les rêves que vous aviez ensemble élucubrés dans des promenades en voiture et des baisers au tabac se sont réalisés. Qu’elle aime sa vie et te remercie d͛y avoir participé. Que lorsqu’elle a peur, elle « revisse encore son courage là où ça colle », sachant qu’elle n’échouera pas. Qu’elle aime son amie. Toujours. Et quand même.

Peut-être qu’il y a encore de l’espoir pour nous tous. Vous en voulez plus ? Vous pouvez lire les autres blogs de Noelle sur le Huffington Post ici. Victoire à l’amour !

Lissa Rankin

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