Les deux loups – Dr Rick Hanson

Les deux loups – Dr Rick Hanson

Par Rick Hanson

Extraits du livre audio “Le Neurodharma de l’Amour

Comment utiliser l’esprit pour modifier le cerveau ?

Pour aborder le  sujet de la façon dont vous pouvez utiliser votre esprit pour modifier  votre cerveau pour changer votre esprit pour le mieux, j’aimerais vous raconter une histoire que j’ai entendue un jour à propos d’une femme amérindienne du peuple des Premières nations de l’Amérique vers la fin de sa vie. On lui a demandé : « Grand-mère, comment es-tu devenue si heureuse ? Comment es-tu  devenue si efficace, si sage, si aimée ? Qu’est-ce que tu as vraiment fait ? » Elle s’arrêta un moment, réfléchit et dit : « Tu sais, je pense que c’est parce que quand j’étais jeune, j’ai réalisé qu’il y avait dans mon cœur deux loups, l’un d’amour et l’autre de haine. J’ai aussi réalisé que tout dépendait de celui que je nourrissais chaque jour. »

C’est vraiment une histoire profonde pour moi, personnellement, et j’ai des frissons chaque fois que je la raconte. Il y a deux éléments clés à retenir. Bien sûr, l’un est la reconnaissance du loup de la haine : la capacité de malveillance, l’agressivité, l’envie, la haine, la rage, la violence, même la guerre présents dans le cœur de presque tout le monde et certainement dans mon propre cœur. Assumer son propre loup de la haine est en fait une étape importante pour avoir des relations saines et aimantes avec d’autres personnes. Parce que si nous détestons le loup de la haine ou si nous le poussons dans un coin et essayons de nous battre avec lui, il  finit par nous mordre aussi bien que les autres. Donc, plus tard dans ce programme [Le Neurodharma de l’amour, programme audio], nous explorerons comment établir une meilleure relation, plus saine, avec le « loup de la haine » qui se trouve au fond de chacun de nous. Mais pour l’instant, je voudrais  me concentrer sur le deuxième point important de cette histoire, c’est-à-dire la question de savoir quel loup nous allons nourrir. On nourrit toujours un loup ou l’autre. Nous cultivons ou réduisons constamment  l’un ou l’autre en nous-mêmes. C’est très encourageant parce que nous pouvons vraiment nous changer nous-mêmes pour le mieux, et cela nous amène à nous concentrer  sur notre responsabilité personnelle. Les choix que nous faisons, en ce qui concerne le loup que nous nourrissons ne font pas que changer notre esprit, ils modifient  aussi notre cerveau.

[…]

Quel est le loup le plus proche de notre nature profonde ?

La question se pose naturellement – et c’est une question de longue date en termes de questions sur la nature humaine : lequel est le plus puissant ? Et lequel est le plus proche de notre nature profonde : le loup de l’amour ou le loup de la haine ? Il est intéressant de noter qu’à l’intérieur des groupes, la plupart des expériences quotidiennes impliquaient le loup de l’amour, dans des interactions en rapport par exemple avec communiquer avec les autres, régler de petites choses, traîner, être amical, faire l’amour, s’asseoir autour d’un feu de camp et raconter des histoires, hurler à la lune. Pourtant, il y avait aussi une place pour le loup de la haine dans les rencontres avec d’autres groupes, mais ces rencontres avec d’autres groupes étaient minoritaires dans les  expériences quotidiennes.

La plupart des expériences se déroulaient au sein du groupe, où la coopération était  primordiale. En effet, le loup de l’amour avait un rôle beaucoup plus central dans les questions quotidiennes de survie que le loup de la haine qui n’était lâcher qu’occasionnellement. Je pense parfois à la métaphore des nuages dans le ciel : vous sortez, vous voyez un nuage, c’est ce à quoi nous faisons attention. Mais en fait, le ciel est beaucoup plus vaste que ce nuage particulier. Nous prêtons attention à la violence. Dans le journalisme on dit que s’il y a du sang c’est cela qui intéresse les gens. Les journaux télévisés mettent souvent en avant un meurtre ou un scandale impliquant une célébrité, mais ce ne sont que des nuages. En réalité, il ne s’agit qu’une faible partie des interactions quotidiennes.

La plupart des interactions font appel à différents types de coopération et d’attentions. Pensez à votre propre journée ! Ça c’est le ciel, c’est le loup de l’amour. Dans les conditions dures dans lesquelles nos ancêtres ont vécu et évolué, l’accent a été mis sur l’interdépendance, parce que « je fais bien de vous aider aujourd’hui quand vous avez besoin d’une de mes bananes, car demain c’est peut-être moi qui aurait besoin d’une des vôtres ». Cela rappelle la citation attribuée à l’un des signataires de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique : « Messieurs, nous devons maintenant collaborer ensemble ou périr séparément ».

Je peux aussi vous citer Albert Einstein qui nous disait que l’être humain fait partie d’un tout, que nous appelons l’univers ; une partie limitée dans le temps et l’espace. L’expérience de ses pensées et de ses sentiments est comme s’il était séparé du reste : une sorte d’illusion d’optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour quelques personnes les plus proches de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et toutes les beautés de la nature…

Dans les pays occidentaux et surtout aux États-Unis, on valorise l’autonomie. Bien sûr, comme nous le verrons, il y a une place pour l’action autonome, pour la prise de responsabilité personnelle, pour la défense de ses propres besoins. Mais votre autonomie dépend elle-même des capacités de votre corps et de votre esprit lesquelles ont évolué en fonction des milliers de causes remontant littéralement à des milliards d’années jusqu’à la toute première vie. Et votre autonomie est, bien sûr, basée sur les milliers d’expériences que vous avez eues avec d’autres personnes, lesquelles vous ont soutenu ou nui. Dans l’ensemble, nous vivons portés  par un vaste réseau de relations. Chacun de nous est comme une petite vague au milieu de la mer, regardant les autres vague et demandant « Que pensez-vous de moi ? Aimez-vous la dentelle particulière que forme la mousse sur moi ? Et cette algue ? Ne trouvez-vous  pas que je suis formidable ? »

Pourtant, pendant tout ce temps, pour chacun d’entre nous, chaque vague, s’élève, change et retombe en fonction des mouvements de la mer dans son ensemble. Et pendant tout ce temps, au sens le plus profond, il n’y a que la mer, le vaste réseau de l’espèce humaine, de la nature et de l’univers matériel. Une toile qui peut surgir comme quelque chose de mystérieusement transcendantal. Qui sait…

Cet article est extrait du livre audio “Le Neurodharma de l’Amour“, publié en français par Quantum Way et disponible dans la boutique Quantum Way. 

Cours audio de Rick Hanson (publication Quantum Way)

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